Les tiques

Les tiques sont vieilles comme le monde. On a découvert récemment en Birmanie des tiques fossilisées dans un échantillon d’ambre datant de plus de 100 millions d’années. On suppose qu’elles sont apparues il y a 270 millions d’années, dans une zone désertique de l’Afrique du Sud. Après une période d’extinction massive, l’avènement de nouvelles espèces animales aurait ensuite favorisé l’apparition de diverses espèces de tiques adaptées à des hôtes différents.

On retrouve leur trace vers – 1550 av. J.-C. chez les Égyptiens. À l’inverse des poux et des puces, elles sont rarement décrites dans les textes grecs de l’antiquité (vers 800 av. J.-C.). Quand elles le sont, c’est en tant que parasites du bétail, des oiseaux ou des chiens. Le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré (1872-1877) mentionne que les tiques s’attachent « aux chiens, aux bœufs, aux moutons et autres animaux », mais n’évoque pas l’homme.

En médecine humaine, ce n’est que ces dernières années qu’elles ont été médiatisées, avec la découverte de leur rôle dans la transmission de l’agent de la maladie de Lyme. Il est vrai qu’à l’échelle du siècle, les populations de tiques ont probablement augmenté à travers le monde.

Dans les Outre-Mer, les problèmes liés aux tiques ne concernent généralement pas les humains. Il en va autrement des animaux, chez qui ils sont un véritable frein au développement de l’élevage en raison des pathologies qui leur sont associées et du coût de leur prévention. Un certain nombre d’espèces y ont été introduites par le biais de bovins et de chiens importés ou d’oiseaux migrateurs.

Dans l’hémisphère nord, bien que le ré­chauf­fement climatique soit souvent évoqué pour expliquer l’augmentation de leurs populations, les raisons sont plus subtiles et complexes. En effet, l’influence du climat sur les populations de tiques est à la fois directe et indirecte (via leurs hôtes vertébrés, les activités humaines, les changements environnementaux, etc.), et cette influence sera différente suivant les espèces et la région concernées.
Au cours des siècles, c’est surtout l’homme qui a le plus favorisé les biotopes propices aux tiques et à leurs hôtes en modifiant les écosystèmes.

Arthropodes, insectes et acariens

Les arthropodes constituent, tant par la multiplicité de leurs espèces que par le nombre de leurs individus, la plus grande part du règne animal. Environ trois quarts d’entre eux sont des insectes.
Les tiques sont, quant à elles, des acariens. Elles appartiennent, comme les araignées, à la classe des arachnides.
Paradoxalement, les acariens qui nous sont le plus familiers sont invisibles à l’œil nu. Ils se cachent dans la literie ou les denrées alimentaires et leurs excrétions, leurs sécrétions ainsi que leurs cadavres sont responsables de manifestations allergiques chez les sujets sensibles.
Les acariens ne possèdent ni ailes, ni antennes. Ils arborent 4 paires de pattes (nymphes et adultes) et leur corps n’est divisé qu’en deux parties : l’idiosome, auquel sont rattachées les pattes, et le capitulum, qui porte les pièces buccales. Les agents de la gale, qui creusent des galeries dans la peau et infectent aussi bien les hommes que les animaux, sont aussi des acariens, tout comme les aoûtats de nos jardins, dont la piqûre occasionne de terribles démangeaisons. Les tiques sont quant à elles les plus grands des acariens, qui mesurent de 3 mm à 6 mm quand elles ne sont pas gorgées.

Les différences majeures entre insectes et acariens

Les insectesLes acariens
Ailesoui ou nonnon
Antennesouinon
Pattes3 pairesAdultes et nymphes : 4 paires
CorpsSegmenté : tête, thorax, abdomenEn deux parties, non segmenté, globuleux
ExempleMoustiques, puces, poux, mouchesTiques, acariens des poussières de maison, sarcopte de la gale, aoûtats

Classification simplifiée des arthropodes

Chélicérates

Arachnides : araignées, acariens
Mérostomes : leur dernier représentant est la limule
Pantopodes : organismes marins et fossiles

Mandibulates

Myriapodes : les mille-pattes
Crustacés : le crabes, langoustes, etc.
Insectes : moustiques, papillons, abeilles, punaises, etc.

Les tiques et les hommes

Même si leurs proies de prédilection sont es­sen­tiel­lement les animaux sauvages dans la nature, les arthropodes hématophages qui s’attaquent à l’homme ont fait à ce jour davantage de victimes dans le monde que toutes les guerres que l’humanité a connues.
En effet, ce sont des « vecteurs* », qui transportent et transmettent d’un sujet à un autre les agents infectieux responsables chez l’homme de maladies aussi terribles que le paludisme, la peste, la fièvre jaune, ou encore le typhus. En ce qui concerne les animaux, leur impact majeur en santé vétérinaire contribue aussi très largement à des crises économiques profondes et au sous-développement de certaines régions en zones tropicales.
Si, pour l’homme, les moustiques sont les champions du monde incontestés de l’extermination de masse, les tiques les talonnent en deuxième position. Dans l’hémisphère nord et en Europe, elles caracolent largement en tête, aussi bien en santé humaine que dans le domaine vétérinaire.

À l’inverse de la plupart des maladies vectorielles, dues aux moustiques, qui ont été quasiment éradiquées dans l’hémisphère nord depuis le siècle dernier, les maladies dues aux tiques y sont aujourd’hui un problème majeur. Pour l’homme ce seront la maladie de Lyme, l’encéphalite à tique (TBE, Tick-Borne ­Encephalitis), les rickettsioses ou encore l’anaplasmose. En 2014, on dénombrait 360 000 cas de borréliose de Lyme en Europe. En France, la moyenne, qui se situait jusqu’à présent aux alentours de 30 000 cas par an a augmenté ces dernières années, avec 56 000 cas rapportés en 2016. Cette augmentation est probablement due, entre autres, à une meilleure sensibilisation du grand public et des personnels de santé.

En 2015, l’impact économique des tiques, estimé sur l’exploitation bovine mondiale, atteignait 18,7 milliards de dollars.

On recense à l’heure actuelle environ 900 espèces de tiques à travers le monde. Ce sont des arthropodes hématophages, qui se nourrissent exclusivement de sang d’hôtes vertébrés, dont les êtres humains.

C’est par hasard que l’homme et les tiques se sont rencontrés : il n’existe pas de tique spécifique de l’homme. Elles vivent essentiellement aux dépens des animaux dont elles se nourrissent, et ont tendance à ne pas s’en éloigner. L’homme est en quelque sorte un hôte accidentel dans leur cycle de vie.
Certaines espèces occupent des habitats re­la­ti­vement proches des humains, comme les nids d’oiseaux et notamment les pigeonniers ou les fissures dans les murs, et cette proximité constitue un risque. Mais en règle générale, la piqûre advient soit lorsque les humains pénètrent dans l’environnement naturel des tiques, soit parce que ces dernières sont apportées par leurs animaux domestiques.

À l’instar des autres arthropodes, les tiques ont colonisé la quasi-totalité des milieux naturels existants à la surface du globe. Les conditions ­climatiques et ses préférences écologiques détermineront la présence possible d’une espèce dans une région donnée. Sa densité et sa répartition dépendront alors de la disponibilité de ses hôtes de prédilection. De ce fait, toute action humaine sur ces facteurs – déforestation, reforestation, débroussaillage, agriculture, urbanisation, élevage, chasse, etc. – aura né­ces­sai­rement un impact sur les populations de tiques.

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